
LA TOME DES
BAUGES AU SOMMET
La tome
avec un seul m, fromage au lait de vache à
pâte pressée non cuite et à croûte grise (le rnucor, baptisé
"poil de chat"), rejoint ainsi beaufort, reblochon,
abondance et chevrotin sur les tables des gourmets cinq fromages
savoyards prestigieux, comme les cinq doigts de la main...Si le
dossier a été déposé auprès du CNPL en novembre 1996, qui a
approuvé un an plus tard le principe dune démarche AOC,
la mobilisation pour la tome des Bauges a dèbuté dès le début
des années 70. Elle est dabord le fait des alpagistes,
alors que les fruitières fabriquent essentiellement de
lemmental, production remplacée depuis par le gruyère
gras, aujourdhui appelé gruyère des Bauges. La tome est
le fait d'une tradition et d'un savoir faire très anciens. En
1807, dans un questionnaire remis au préfet de lépoque,
elle est ainsi définie comme le fromage "que consomme le
paysan" et dont "on ne saurait se passer à chaque
repas".
En 1986,
le Syndicat lnterprofessionnel de la Tome des Bauges (SITOB) naissant
participe, dans un premier temps, la démarche engagée autour de
la tomme de Savoie. Puis, il s'en dégage craignant dêtre
banalisé. En 1993, la tome avec un seul "m" obtient la
protection montagne. Un premier pas. Stimulé par la création
dun parc régional créer en 1995. le projet dAOC va,
dès lors, fédérer toutes les énergies.
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UN CAHIER DES CHARGES DRACONIEN
Néanmoins, le label a ses contraintes. Il induit élaboration dun cahier des charges draconien afin de garantir que le produit est unique, quil est le fruit dun terroir, à la fois lié à une zone de production délimitée (concernant 38 communes de Savoie et l9 de Haute-Savoie), à une tradition, au maintien des techniques délevage danimaux de production de lait et de fabrication fromagère :5 semaines daffinage minimum dans une température comprise entre 10 et 15 ° et une hygrométne minimum de 95 %. Par ailleurs, la production est limitée à 5 500 litres de lait en moyenne par vache et par an. Leur alimentation (herbe pâturée durant lestive et foin durant lhiver) doit provenir essentiellement du massif, l'apport de fourrages extérieurs ne devant pas dépasser 30%. Les troupeaux, à partir de 2006, ne devront être composés que de Montbéliardes, de Tarines et dAbondances, Et dans les dix ans qui viennent, ces deux dernières races devront représenter au moins la moitié de chaque cheptel. Ou coup, au moins 20% des producteurs devront modifier la composition de leurs troupeaux.
Cest le cas dIsabelle Rochon-Vallet, exploitante Jarsy." ie suis terriblement attachée à la Montbéliarde et cest vrai que le panachage du troupeau me pose un problème "reconnait-elle sans détour. Une difficulté dont est conscient le SITOB qui aide financièrement les exploitants en leur apportant un appui technique.
Lautre grand défi à relever concerne la commercialisation et la négociation avec les grossistes et les fromagers. Aujourdhui, 480 tonnes de tome sont produites dans les Bauges, soit 150 tonnes de tome fermière par les 25 alpagistes indépendants que compte le massif et 330 tonnes de tome laitiére par les trois coopératives modernes des Aillons, de Lescheraines et de La Compôte. Paradoxalement, la tome fermière est vendue nettement moins chère que la fruitière. les "coops" étant mieux armées que les producteurs indépendants." une structure de commercialisation collective va être crée à la Compôte pour les aider à mieux valoriser leur produit" affirme Caroline Petite, technicienne du SITOB.
L'AOC a stimulé Les agriculteurs. C'est un socle. Maintenant il faut bâtir dessus. Car avec la tome, nous vendons autant un produit quun pays résume Dorninique Duperier, jeune président du SITOB àgé de 40 ans, conscient que le combat pour la qualité continue. longue vie à la tome des Bauges
Extrait de Action Savoie
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LA GASTRONOMIE SAVOYARDE
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